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Départ Kosmos : le Sénégal perd entre 5 et 7 milliards de dollars d’investissements directs

Dans une contribution au ton critique, l’enseignant-chercheur Serge Malou dresse un réquisitoire contre la lecture officielle du retrait de Kosmos Energy du projet gazier Yakaar-Teranga. À rebours de la communication gouvernementale évoquant une « victoire », il met en avant ce qu’il considère comme des pertes économiques majeures et des conséquences structurelles pour le Sénégal.

Des pertes financières et industrielles jugées considérables

Selon Serge Malou, le premier impact concerne l’abandon d’investissements estimés entre 5 et 7 milliards de dollars, initialement prévus par Kosmos et son ancien partenaire BP pour le développement du champ gazier. À cela s’ajoutent, selon lui, 144 millions de dollars déjà engagés dans des forages exploratoires entre 2016 et 2017, désormais sans suite opérationnelle.

L’enseignant-chercheur évoque également un recul significatif du calendrier. Alors qu’une mise en production était envisagée autour de 2027, l’absence d’opérateur pourrait repousser l’exploitation à l’horizon 2030-2032. Un décalage qui, selon lui, retarde d’autant les retombées économiques et énergétiques attendues.

Emploi et recettes publiques en suspens

Dans son analyse, Serge Malou estime que plusieurs milliers d’emplois directs et indirects pourraient être compromis, notamment dans les secteurs techniques et industriels liés au projet. Il pointe aussi une absence prolongée de recettes fiscales pour l’État, faute de production gazière, évoquant un manque à gagner potentiel sur plusieurs années.

Des conséquences en chaîne sur l տնտեսé énergétique

Au-delà des chiffres, la contribution insiste sur les effets indirects. Yakaar-Teranga était notamment présenté comme un levier pour réduire les coûts de production d’électricité au Sénégal, en alimentant certaines centrales. Le retard du projet pourrait ainsi maintenir une forte pression sur les coûts énergétiques, avec des répercussions sur le pouvoir d’achat et la compétitivité des entreprises.

Climat des affaires et attractivité en question

Serge Malou met également en garde contre un possible impact sur l’attractivité du Sénégal auprès des investisseurs internationaux. Le retrait successif de partenaires comme BP puis Kosmos pourrait, selon lui, envoyer un signal négatif au marché, en particulier dans un secteur aussi capitalistique que les hydrocarbures.

Le rôle et les limites de Petrosen

L’auteur s’interroge par ailleurs sur la capacité de Petrosen à porter seule un projet d’une telle envergure. Il souligne les défis techniques, financiers et opérationnels auxquels la société nationale pourrait être confrontée en l’absence d’un partenaire international expérimenté.

Une comparaison avec le projet GTA

Enfin, Serge Malou établit un parallèle avec le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), développé conjointement avec la Mauritanie, où Kosmos demeure impliquée et où la production a déjà démarré. Une comparaison qui, selon lui, illustre le contraste entre un projet en exploitation et un autre à l’arrêt.

Un débat relancé

En conclusion, cette contribution relance le débat sur la stratégie énergétique du Sénégal et la gestion de ses ressources naturelles. Entre souveraineté économique, attractivité des investissements et impératifs de développement, le dossier Yakaar-Teranga s’impose comme un enjeu central des années à venir.

admin91

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