La dégradation de la situation sécuritaire au Mali continue de susciter de vives inquiétudes dans la sous-région ouest-africaine. Dans une contribution remarquée, le journaliste Elhadji Fallou Khouma tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il considère comme une menace grandissante, non seulement pour le Mali, mais pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.
Selon lui, la montée en puissance de groupes armés tels que le FLA et le JNIM constitue un tournant critique. Il estime que ces entités, souvent présentées sous le prisme religieux, relèvent en réalité davantage de dynamiques territoriales, notamment liées à la question de l’Azawad. Une lecture qui, selon lui, doit permettre de mieux comprendre la nature du conflit et d’adapter les réponses sécuritaires.
Dans son analyse, le journaliste critique également certaines réactions observées sur le continent, notamment le soutien apporté au départ de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Il rappelle que cette force était majoritairement composée de contingents africains et que son retrait a contribué à fragiliser davantage l’équilibre sécuritaire du pays.
Elhadji Fallou Khouma s’interroge en outre sur les choix opérés par les autorités maliennes, notamment le recours à des partenaires extérieurs comme des mercenaires russes, au détriment, dit-il, d’une solidarité régionale. « La souveraineté ne se décrète pas », insiste-t-il, appelant à une approche fondée sur une lecture lucide des réalités géopolitiques et géostratégiques.
Autre point soulevé : les limites de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le journaliste pointe notamment les failles en matière de renseignement, qu’il considère comme un maillon essentiel dans la lutte contre le terrorisme. À ses yeux, ces insuffisances réduisent considérablement la capacité de l’organisation à faire face à la menace.
Face à cette situation, il pose une série de questions stratégiques : la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) doit-elle intervenir au Mali ? Ou doit-elle attendre une sollicitation formelle des autorités maliennes, au nom du respect de la souveraineté des États ?
Le cas du Sénégal est également évoqué. Elhadji Fallou Khouma s’interroge sur la posture à adopter, rappelant que des groupes jihadistes ont déjà exprimé des intentions hostiles à l’égard du pays. Dans ce contexte, il estime que l’inaction pourrait représenter un risque.
Enfin, le journaliste met en garde contre un objectif stratégique des groupes armés : l’accès à la façade maritime ouest-africaine. Une perspective qui, si elle se concrétisait, constituerait un bouleversement majeur pour toute la région.
À travers cette contribution, Elhadji Fallou Khouma appelle à une prise de conscience collective et à une réponse coordonnée, fondée sur une coopération régionale renforcée et une anticipation des menaces.





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