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Ababacar Mboup appelle à une réforme inclusive du Code de la Famille et à la préservation des valeurs sénégalaises


Lors d’une récente intervention, Ababacar Mboup, président de l’Association pour une Nouvelle Citoyenneté Africaine (A.N.C.A) et candidat à la présidentielle de 2024, a exprimé ses préoccupations quant aux réformes en cours concernant le Code de la Famille et les droits des femmes au Sénégal. Son discours, relayé par Seneweb.com, fait suite à une rencontre entre la Commission nationale des droits de l’homme et la Commission des lois de l’Assemblée nationale, qui a mis en lumière des thématiques cruciales telles que le droit de la famille, la protection de l’enfant et l’élimination des mutilations génitales féminines (MGF).

Ababacar Mboup a souligné la nécessité de réformer en profondeur le Code de la Famille, en vigueur depuis plus de cinquante ans, tout en questionnant les implications de ces réformes. « Dans quel sens iront ces réformes annoncées ? Qu’implique les exigences contemporaines ? », s’est-il interrogé, appelant à une réflexion approfondie sur ces questions.

Le président de la Commission des lois, Me Tall, a évoqué l’importance d’harmoniser le Code de la Famille avec les standards internationaux. Cependant, Mboup a exprimé son scepticisme face à cette harmonisation, affirmant que de nombreux traités et conventions ratifiés par le Sénégal contiennent des clauses contraires aux us et valeurs du pays. « Cette question d’harmonisation doit être tout simplement classée aux placards », a-t-il insisté.

En ce qui concerne les droits des femmes, Mboup a mis en avant les préoccupations de Pr Amsatou Sow Sidibé, présidente de la Commission nationale des Droits de l’homme, qui a souligné des points essentiels tels que la responsabilisation de la femme dans la famille et l’accès difficile des femmes vulnérables à la justice familiale. Toutefois, il a averti que ces propositions pourraient susciter des résistances au sein de la population, en raison de leur perception comme influencées par des lobbies internationaux.

Mboup a également abordé le Code de l’Enfant, affirmant qu’il était en phase avec les réformes nécessaires, mais a insisté sur l’importance d’impliquer les Sénégalais dans le processus d’élaboration et de validation de ce code. « Il faut faire très attention avec les engagements dits internationaux », a-t-il averti, soulignant que ces engagements ne doivent pas se faire au détriment des valeurs culturelles et religieuses du pays.

Dans un contexte de renouvellement institutionnel, Mboup a appelé à un sursaut national pour une législation adaptée et inclusive, tout en préservant les fondements de la société sénégalaise. « Faire une chose pour quelqu’un sans ce quelqu’un équivaut à le faire contre lui », a-t-il conclu, appelant à une consultation véritable des citoyens sur des questions qui les touchent directement.

Ce discours met en lumière les tensions entre les réformes législatives proposées et la préservation des valeurs culturelles, un débat crucial qui pourrait façonner l’avenir du droit de la famille et des droits des femmes au Sénégal. Les préoccupations d’Ababacar Mboup résonnent avec celles de nombreux Sénégalais, soucieux de voir leurs traditions et leurs croyances respectées dans le cadre des évolutions législatives.

admin91

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