L’ancien ministre Oumar Youm est sorti de sa réserve pour s’exprimer sur le dossier gazier Yakaar-Teranga, qu’il considère comme un enjeu majeur pour l’avenir énergétique et économique du Sénégal. Dans une publication sur Facebook, il invite les acteurs politiques à « arrêter de se battre contre soi-même » et à privilégier une approche stratégique et consensuelle.
Selon lui, le projet Yakaar-Teranga dépasse les querelles politiques et doit être appréhendé sous l’angle de la souveraineté énergétique, de la stratégie industrielle et de la crédibilité économique du pays. Il rappelle que depuis la découverte des gisements, l’option du « Gas to Power » constitue le socle de la politique énergétique nationale, visant à utiliser le gaz pour produire de l’électricité à moindre coût et renforcer la compétitivité.
Dans ce contexte, BP et Kosmos Energy ont successivement quitté le projet. Pour Oumar Youm, ces retraits ne doivent ni être politisés ni interprétés comme des victoires, mais plutôt comme le début d’une phase de transition « délicate et potentiellement risquée ».
L’ancien ministre alerte notamment sur les conséquences directes de ce départ : un report du calendrier de développement, un retard dans la mise en production et, par ricochet, un décalage de la monétisation du gaz. « Chaque retard se paie en opportunités perdues », souligne-t-il, dans une économie en attente de retombées énergétiques et budgétaires.
Face à cette situation, il insiste sur l’urgence pour l’État de trouver un partenaire « techniquement crédible, financièrement robuste et stratégiquement aligné ». Une mission qu’il juge complexe, notamment en raison des exigences liées à l’exploitation offshore en eaux profondes et à la nécessité de privilégier le marché domestique.
Oumar Youm met également en garde contre toute communication susceptible de fragiliser l’image du Sénégal auprès des investisseurs internationaux. Il appelle à la cohérence institutionnelle, à la prévisibilité juridique et à un pilotage stratégique rigoureux.
Enfin, il pointe le risque de voir ce gisement stratégique devenir un « actif dormant » entre les mains de PETROSEN, si les capacités techniques et financières nécessaires ne sont pas réunies.
« Le bruit médiatique ne remplace jamais la rigueur de la décision », conclut-il, plaidant pour une gestion discrète, méthodique et responsable d’un dossier qu’il juge crucial pour l’avenir du pays.





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