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Qui a voulu semer la zizanie dans les régies financières de l’Etat ? (Cheikh Yérim Seck)

On voudrait saborder l’Etat qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Si nous étions dans un pays communiste, les auteurs de l’intoxication de l’opinion autour du prétendu limogeage des directeurs généraux du Trésor et des Douanes auraient été recherchés, arrêtés et mis au poteau. Pour atteinte à la sûreté de l’Etat, sabotage du fonctionnement de l’Etat, diffusion de fausses nouvelles à des fins de déstabilisation des institutions…
Si on n’en est pas là, par la grâce de la démocratie permissive de notre pays, il est à se demander comment des organes qui se définissent comme des médias ont pu, sans vérification aucune, balancer à l’opinion l’information selon laquelle les directeurs du Trésor et des Douanes ont été limogés. Et pousser l’outrecuidance jusqu’à leur désigner des successeurs !
Quelle bourde professionnelle ! Quel honte déontologique !
De fait, pareille machination procéde d’une volonté de semer la zizanie dans les régies financières, de cogner certaines têtes contre d’autres, de faire dans le registre chaotique du sabotage…
La fake new sur les Douanes est à cet égard éclairante. 
Cette régie financière a réussi, dans ce contexte drastique lié à la crise sanitaire, à réaliser un excédant de 158 milliards par rapport à l’exercice précédent. Un résultat exceptionnel que le directeur général, Abdourahmane Dièye, a réalisé en collaboration étroite avec le directeur des opérations douanières, Mbaye Ndiaye.
En prétendant que le second à été nommé à la place du premier, cet énorme mensonge médiatique cherche vicieusement à casser cette synergie gagnante.
De même, en alléguant que le directeur du Trésor, Cheikh Tidiane Diop, a été limogé suite au détournement de 5 milliards par des inspecteurs du Trésor, cette fausse presse vise à semer le trouble sur un DG discret sous les auspices duquel les recettes de l’Etat, en dépit de l’effet dévastateur de la pandémie, ont atteint la barre des 5 000 milliards de francs CFA. Tout en « oubliant » de dire que c’est grâce au contrôle interne institué dans cette direction que les deux inspecteurs indélicats ont été épinglés !
En un mot comme en mille, cette intox qui a réveillé le Sénégal en ce premier jour ouvrable de 2022 offre un exemple parfait de ce qu’une presse patriote, responsable, sérieuse tout court, ne devrait pas faire.
Les auteurs et commanditaires de cet acte grossier n’en sortiront toutefois pas indemnes.
Comme l’a si bien écrit Sylvie Delaplace, « les mensonges sont comme les crimes. Ils ne sont jamais parfaits. »
Cheikh Yérim Seck

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