Le tribunal des flagrants délits de Dakar a examiné, ce vendredi, une affaire de présumée corruption impliquant l’entrepreneur Cheikh Guéye et le maître coranique Serigne Hady Sy. Les deux hommes sont poursuivis pour association de malfaiteurs et corruption, après des faits portant sur un supposé « cadeau » de 10 millions de francs CFA destiné à un magistrat.
Un renvoi rejeté par le parquet
Dès l’ouverture des débats, la défense a sollicité le renvoi du procès. Une demande fermement rejetée par le représentant du ministère public, qui a estimé que toutes les parties étaient prêtes à plaider. Malgré les réserves exprimées par certains avocats de la défense, le tribunal a décidé de retenir l’affaire après en avoir délibéré.
Les prévenus contestent toute intention de corruption
À la barre, Serigne Hady Sy a reconnu avoir pris l’initiative de rencontrer le juge du deuxième cabinet, dans le but d’obtenir la levée du bracelet électronique imposé à Cheikh Guéye. Il affirme avoir suggéré à ce dernier de laisser une somme de 10 millions de francs CFA comme « cadeau », en raison de l’appréciation qu’il aurait eue du magistrat.
Cheikh Guéye, de son côté, a confirmé les faits matériels, tout en niant toute volonté de corruption. Selon lui, le juge a refusé la somme après coup, demandant qu’elle soit récupérée. L’entrepreneur assure avoir repris l’argent dès le lendemain, avant d’être convoqué à la gendarmerie.
Le parquet dénonce une atteinte à la justice
Dans son réquisitoire, le procureur a estimé que l’infraction de corruption était constituée, indépendamment de l’acceptation ou non de la somme par le magistrat. Pour le ministère public, le simple fait d’avoir laissé l’argent dans le bureau du juge suffit à caractériser l’acte.
Le procureur a également dénoncé un comportement portant atteinte à l’image de la justice, évoquant un phénomène « qui gangrène la société ». Il a requis une peine de deux ans d’emprisonnement ferme et une amende de 500 000 francs CFA contre chacun des prévenus.
La défense plaide la relaxe
Les avocats de la défense ont, pour leur part, plaidé la relaxe, invoquant l’absence d’intention délictuelle. Ils ont également pointé des insuffisances dans la procédure, notamment l’absence du témoignage du juge concerné.
Selon eux, les faits reposent sur une interprétation contestable, d’autant que le bracelet électronique de Cheikh Guéye arrivait à expiration dans un délai relativement court.
Verdict attendu
À l’issue des débats, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue après la pause.





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