Les scandales se suivent depuis l’arrivée au pouvoir du clan Barrow. Mais ce dernier en date risque de ne pas passer comme lettre à la poste. Après la vente ou plutôt le partage des biens des dignitaires du régime de Yahya Jammeh sans décision de justice, voilà qu’un nouveau scandale est révélé par une équipe d’enquêteurs du pool d’avocats de l’ancien président. Les trois jets privés estimés à 4 millions d’euros, ont été vendus à….500.000 dollars, soit 250 millions de francs Cfa.
Au niveau de la State House, le palais présidentiel, il était décompté quelques trente véhicules de luxe par les forces armées sénégalaises qui ont été les premiers sur place. Ainsi, dans le garage de la présidence, il y avait deux énormes Hummer blindés aux côtés de cinq Rolls-Royce, d’une Bentley, d’une Mercedes 4X4 Brabug blindée d’une Mini Cooper immatriculée « MYJ » – pour Mariam Yahya Jammeh, la fille de l’ex-président –, de pick-up et de BMW et Mercedes.
Pour des biens de Yahya Jammeh estimés à 8,5 millions d’euros dont rien que pour les trois avions, les experts les avaient évalués à quatre millions d’euros, comment peut-on les vendre à 500.000 dollars ? Les bolides de l’ancien dictateur sont visibles à Dakar, Abidjan, Bissau, Abuja
Dans l’euphorie de l’arrivée au pouvoir, le président Adama Barrow grisé et mal conseillé, n’a pas hésité à autoriser la vente des biens de son prédécesseur après, bien sûr, avoir fini de se servir. Les voitures de luxe blindées pour la plupart sont mis en vente en même temps que quatre terrains non bâtis de M. Jammeh, situés dans le secteur le plus coté du pays. Au total, les autorités gambiennes espèrent récolter quelque 10 millions de dollars (8,5 millions d’euros), avait expliqué en 2017, au Parlement, le ministre des Finances, Amadou Sanneh.
Concernant trois des avions privés de l’ancien président Yahya Jammeh, ils ont été vendus à l’homme d’affaires gambien Modou Turo Darboe. Ce dernier dont on ignore la provenance de sa richesse, est devenu un Crésus en l’espace de quelques mois. Cela est-il dû à sa proximité avec le président Adama Barrow ?
Fait bizarre, alors que les avions étaient estimés à 4 millions d’euros, dans la plus grande opacité, M. Modou Turo Darboe a payé 500 000 $ pour les aéronefs et la transaction a été conclue il y a trois ans, selon les rapports qui ne sont pas rendus publics, même si le gouvernement gambien avait annoncé son intention de vendre les actifs de M. Jammeh en 2017, après sa destitution.
La vente n’a été révélée que la semaine dernière après que la plate-forme d’information basée au Royaume-Uni, African Intelligence, a rapporté que les avions de Jammeh avaient été vendus à une société biélorusse.
Pour toute justification de la vente de ces biens , « de notre point de vue, ces voitures, ces propriétés ont été acquises avec de l’argent public et appartiennent de droit à l’Etat », a déclaré le ministre de la justice, Abubacarr Tambadou, mettant au défi l’ancien président d’en contester la vente en justice.
Une forfaiture pour un avocat
Le porte-parole du gouvernement gambien, Ebrima Sankareh, a confirmé la vente lors d’une interview avec West Coast Radio mardi. « Les ventes ont été réalisées en 2019 », a déclaré M. Sankareh.
Il a ajouté que le ministère des Finances, conformément aux directives de l’Autorité de l’aviation civile de Gambie, a vendu les trois avions à M. Darboe à un prix cumulé de 500 000 $. Cependant, il n’a pas pu confirmer si M. Darboe avait vendu les avions à une société biélorusse.
Pourtant, le président Adama Barrow était informé que M. Jammeh avait acheté les avions grâce à des prêts consentis par la Social Security and Housing Finance Corporation, une institution publique en principe chargée d’administrer des fonds destinés au financement de la sécurité sociale, des maladies professionnelles et à la construction de logements, a expliqué son directeur financier, Abdoulie Cham.
Source : Christian Bellino MEA Atlantisactu




