Le débat politique s’enflamme à l’approche du dialogue national prévu pour le 28 mai 2025. Dans une intervention percutante à l’émission Grand Jury de la RFM, ce dimanche 11 mai, Yoro Dia, ancien porte-parole de la Présidence sous Macky Sall, a vertement critiqué l’initiative portée par le gouvernement actuel, qu’il qualifie de « mascarade politique ».
« Le dialogue national est voué à l’échec, c’est une perte de temps », a-t-il lancé d’emblée au micro de Mamoudou Ibra Kane. Selon le politologue, ce processus n’a d’autre but que de faire passer des réformes institutionnelles discutables, taillées sur mesure pour le Premier ministre Ousmane Sonko.
Yoro Dia accuse ouvertement l’exécutif de vouloir « se cacher derrière ce dialogue pour modifier les institutions », dénonçant une tentative de personnalisation du pouvoir. Pour lui, le régime actuel cherche à faire basculer l’équilibre institutionnel au profit du Premier ministre, au détriment des prérogatives présidentielles, pourtant garantes de la stabilité démocratique.
« On ne peut pas adapter les institutions pour une personne ou une conjoncture », a-t-il averti, soulignant les risques d’un précédent dangereux dans la gestion de l’État.
Revenant sur la solidité des fondements républicains du pays, Yoro Dia affirme que le Sénégal n’a pas un problème d’architecture institutionnelle. « Nos institutions sont fortes, respectées et enviées dans la sous-région. Ce qu’il nous faut, c’est qu’elles soient mises au service des citoyens », a-t-il martelé.
Critique mais constructif, l’ancien conseiller en communication a appelé les nouvelles autorités à se recentrer sur les urgences économiques et sociales. « Le peuple ne mange pas de réformes. Les Sénégalais veulent du travail, un pouvoir d’achat digne, une éducation de qualité. Le temps presse », a-t-il insisté.
À deux semaines du lancement du dialogue, cette sortie musclée relance les débats sur la transparence, la finalité et la légitimité d’un processus que certains perçoivent déjà comme un écran de fumée.




