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Quand la Presse tient la vie des hommes politiques ! (Pr.ModouAissa Seye.)

D’hier à aujourd’hui la vie politique des hommes dépend en grande partie aux Unes et aux traitements de l’information par les médias.Informer juste et vrai nous dit-on est le credo de la presse.Ainsi,elle s’assigne un service d’information public au profit des masses,délégataires des pouvoirs politiques et publiques et qui ont un droit exclusif et impératif à être informés ‘juste et vrai’ mais aussi à voir leurs conditions sociales portées à l’oreille et aux yeux des politiques pour une meilleure prise en charge.

A lire, écouter et regarder cette presse aujourd’hui,elle semble se dissocier de sa traditionnelle et noble mission d’information avec justesse et vérité cédant la place à faire et défaire des hommes et des évènements selon les positions politiques ou les intérêts cryptopersonnels de leurs patrons.En vérité,la presse est un véritable pouvoir tant redouté et courtisé par les hommes politiques qui y voient leur existence politique faite ou défaite, entretenue ou détruite,faire aimée ou faire détestée.Combien d’hommes politiques ont vu leurs personnes ou leurs images trainées dans la boue de la calomnie,de la diffamation,dans la désinformation purement vile et méchante par une presse qui ne cherche guère à informer juste et vrai mais qui vit honteusement à la solde d’un généreux homme puissant, toujours prêt à mettre le beurre dans son pain, à l’entretenir et la récompenser gracieusement par des hectares de terrain, des exonérations fiscales ou juste par des chèques de banque et le tout sur le compte du pauvre contribuable.Ce généreux donateur peut être du pouvoir comme de l’opposition car la presse alimentaire, mercenaire se niche un peu partout dans le paysage politique.D’autres hommes politiques sont même allés plus loin en créant leur propre presse qui s’occupera à soigner leur image,vendre des illusions aux peuples et à détruire leurs adversaires.L’essentiel c’est d’exister et de bien exister.Pierre Lazareff disait à ses collaborateurs: »raconter des histoires, faîtes vivre les hommes ».Ainsi,la presse ne sert plus juste à informer juste et vrai mais à créer ou détruire des hommes et des évènements se souciant moins des valeurs de vérité et de sincérité qui furent son socle.Robert de Jouvenel qui l’appelle ‘le quatrième pouvoir’ disait déjà en 1914 que  » lorsqu’un parlementaire a longtemps négligé cette petite bourse de la confidence et de la diffamation,on le voit errer tristement, à travers les groupes,en quête du journaliste qui viendra enfin solliciter des confidences destinées au grand public ».Suffisant pour dire que l’existence des hommes politiques dépend de la presse et des informations leur concernant qui y sont traitées.Aujourdhui cette presse toute partisane est au centre de tous les débats.Mais, il semble que l’écrasante majorité des sénégalais ne voient cette prise de position de la presse que du côté du pouvoir.hélas l’opposition a également sa presse,tous les hommes politiques ont leurs presses qui travaillent à soigner ou redorer leur image et/ou à salir le camp adverse.
La grande interrogation serait : où est la place du peuple dans le règne de ce quatrième pouvoir ?Porte t_il réellement les aspirations et les souffrances du peuple ?
Ma réponse est que toute presse qui choisira de porter les souffrances et dures conditions de vie du peuple dans un pays dirigé par un tyran,qui n’a rien à foutre avec les notions de liberté d’opinions et celle de la presse devra être préparée à payer cette prise de position qui met mal à l’aise tout pouvoir par supporter les pires exactions et même la payer au prix de la vie de ses journalistes car dans un tel régime dire la vérité au peuple serait un crime qui se paye cher.Les politiques particulièrement les tyrans préfèrent les presses qui endorment le peuple et maquillent la réalité des faits à leurs profits.De telles presses ont été actrices principales dans plusieurs entreprises de liquidation politique et parfois physique d’adversaires politiques ou d’opinions.Roger Gérard Schwartzenberg disait même que « de Nuremberg hier au Tiers Monde aujourd’hui,la presse serait le véhicule de la dictature,parvenant à imposer, grâce à elle,un message de fiction et un climat d’irréalité ou de surréalité » et Schwartzenberg d’ajouter que  » tous les grands événements qui retournent le monde ont été provoqués par la parole ».
Autant la presse est un pouvoir de dénigrement,une machine qui installe des contrevérités dans la tête du commun des mortels tendant à faire détester ou liquider des hommes ou effacer des évènements malheureux, autant elle a le pouvoir de créer de toute pièce des hommes qui surgissent du néant,de vendre leurs images au grand public, les amenant à se faire aimé et/ ou à fermer les yeux de la société sur leurs tares qui déshonorent et menacent leur existence politique.Les positions variables de cette presse ne sont justifiées que par des intérêts personnels de leurs patrons qui relèguent le peuple et leurs aspirations au second plan au détriment de leurs survies financières et celles de leurs entreprises.
Ainsi,le peuple au nom de qui,politiques et presses fondent et justifient leur existence et légitimité restera toujours le grand oublié de toute l’histoire et continuera à être berné, utilisé et jeté comme un moins- que rien.
Il est urgent que la presse revienne à son sacerdoce :informer juste et vrai pour que le peuple puisse enfin avoir un vrai pouvoir sur qui compter pour une meilleure prise en charge de ses préoccupations.

Pr.ModouAissa Seye.

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