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Politique De Lutte Contre Les Inondations Au Sénégal : Réalité Ou Saupoudrage ?

La politique de lutte contre les inondations au Sénégal, une réalité ou du saupoudrage ? La question mérite bien d’être posée au lendemain de la pluie qui s’est abattue dans la nuit samedi 14 au lendemain du dimanche 15 août dernier sur Dakar et sa banlieue.

 

Comme les années précédentes beaucoup de localités de Dakar et de sa banlieue sont prises par les eaux. Keur Massar, Cité Sipres, Diamaguene Sicap Mbao, Tivaouane Diack Sao, Kaolack, Touba, Parcelles Assainies, Grand Yoff entre autres localités sont toutes sous les eaux. Keur Massar justement que le Chef de l’Etat a érigé récemment en département est totalement pris par les eaux contraignant beaucoup de familles à déménager. Pourtant le 22 octobre 2020 en marge de la Journée nationale de la décentralisation à Diamniadio, le Chef de l’État avait réaffirmé l’ambition de l’Etat de poursuivre le programme décennal de lutte contre les inondations, notamment à Keur Massar, en vue notamment de préserver des eaux de pluies cette zone de la grande banlieue dakaroise. « Nous allons poursuivre le programme décennal de lutte contre les inondations. Nous venons d’en faire l’évaluation, nous en sommes à 506 milliards de francs CFA depuis 2012. Il nous faut aller au-delà des 760 milliards de francs CFA qui ont été programmés », partageait Macky Sall. Le programme décennal de lutte contre les inondations allait, informait le Chef de l’État, démarrer à Keur Massar. Il précisait, à cet effet, que les appels d’offres ont été déjà finalisés. Macky martelait en ces termes : « Le Projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique (PROGEP), de concert avec les ministères des Collectivités locales, de l’Assainissement et de l’Eau, ainsi que l’Office national de l’assainissement (ONAS), va s’atteler pour qu’au moins d’ici l’hivernage prochain, quelle que soit la quantité d’eau dans la zone, Keur Massar soit sauvée des eaux. » Macky avait également profité de sa prise de parole pour demander la poursuite de ce programme dans d’autres localités du Sénégal, pour « notamment libérer les voies et exutoires des eaux pluviales. »
8 mois plus, le 29 juin 2021, son gouvernement s’était réjoui du taux d’exécution du plan décennal de lutte contre les inondations. Le ministre de l’eau et de l’assainissement qui apportait des éclaircissement sur les préoccupations des députés, soulignait que l’évaluation faite par le gouvernement en 2020 montre un bon avancement des travaux réalisés à hauteur de 66%. « …Le chef de l’État, Macky Sall, a déjà mobilisés des moyens supplémentaires et conséquents, pour la consolidation du programme décennal de lutte contre les inondations, surtout au niveau de la banlieue de Dakar, avec notamment le PROGEP 2 (Projet de Gestion des Eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique). Vous avez constaté qu’une partie du financement de ce PROGEP 2 d’un montant de 80 milliards F CFA a été signée récemment par mon collègue en charge des finances, sur financement de la Banque mondiale. Mais également ces efforts vont se poursuivre dans les autres localités du pays notamment à Kaolack, à Sédhiou, à Kaffrine… », avait détaillé l’ex-ministre de l’Éducation nationale.

511 MILLIARDS AVAIT DÉJÀ ÉTÉ INVESTIS

Après concertation, les sept ministres qui étaient présents ce jour-là à l’Assemblée nationale, dont Mansour Faye, ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, avaient retenu de donner la parole à celui en charge de l’Hydraulique, Serigne Mbaye Thiam, pour répondre aux préoccupations des députés. Ce, alors que l’hivernage 2021 commençait à s’installer sous nos cieux avec le spectre des dégâts qu’on attendait qu’il cause quand le ciel ouvrira ses vannes. L’année dernière, six victimes avaient été recensées, d’après des chiffres qu’avaient fournis le chef de l’État, Macky Sall, lui-même. Le responsable socialiste rappelait d’ailleurs, le 29 juin dernier qu’il était chargé de coordonner la mise en œuvre des politiques et actions de prévention et de lutte contre les inondations, selon le décret portant attribution des ministères, la lutte, signalant que « les inondations constituent pour diverses raisons un défi à relever pour la plupart de nos localités. C’est pour pourquoi, il est inscrit dans les actions du gouvernement la lutte contre les inondations par la mise en place du programme décennal de gestion des inondations. »

Oumar Gueye, le 9 juillet dernier à Keur Massar : « le dispositif de pompage des eaux de pluies était désormais “opérationnel” à Keur Massar et tous ses “points critiques” sont entièrement équipés »

Mais, avait-il insisté : « La mission a sillonné les quatorze régions du pays pour des visites de terrain, et ont pu constater de visu ces réalisations. Le gouvernement se réjouit que nulle part dans le rapport, il n’a été écrit qu’une réalisation mentionnée par le gouvernement n’a pas été constatée sur le terrain. Donc, toutes les réalisations qui composent ces 511 milliards, ont été constatées de visu par la mission ». Deux mois plus tard quand quelque millimètres d’eaux sont tombés sur notre capitale, Dakar et sa banlieue ont complètement changé de visage. Poussant beaucoup à se demander si la parole du ministre des Collectivités territoriales est toujours crédible lui qui assurait pourtant de sa visite des chantiers à Keur Massar, le 9 juillet dernier, que le dispositif de pompage des eaux de pluies était désormais “opérationnel” dans le tout nouveau département du Sénégal et que tous ses “points critiques” étaient entièrement équipés. « Nous pouvons dire que le dispositif de pompage est opérationnel et là, c’est un record, c’est vraiment une performance qu’il faudrait saluer », avait déclaré Oumar Guèye qui s’exprimait à l’issue d’une visite des travaux de construction des ouvrages de lutte contre les inondations dans le département de Keur Massar et environ (banlieue de Dakar). Mieux, Oumar Guèye informait que ces ouvrages « très avancés, s’inscrivent dans la phase 2 d’urgence du Projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique (PROGEP). » « Nous avons visité tous les sites sans exception. Nous pouvons dire sans peur de nous tromper que tous les points critiques sont à l’heure actuelle tous équipés et quasiment opérationnels. Je dis quasiment simplement parce qu’il y a quelques coffrets à installer et ça va l’être dans les trois, quatre jours à venir», ajoutait-il.

Bassirou DIENG

 

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