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Fin des travaux du Dac de Sangalkam dans 6 mois: 2.000 emplois annoncés

Parmi les projets phares du Président de la République, les Domaines agricoles communautaires (Dac) visent à résorber le chômage des jeunes et à promouvoir l’agriculture intensive. Celui de Sangalkam, dont la fin des travaux est prévue d’ici six mois, permettra la création de 2.000 emplois.

 

RUFISQUE – Sur le chemin qui mène au site principal du Domaine agricole communautaire (Dac) de Sangalkam, des parcelles d’expérimentation du centre horticole de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra). Quelques mètres après la porte d’entrée du domaine, à gauche, sur une unité de production de plants d’arbres fruitiers, les arroseurs, dans un mouvement circulaire, virevoltent et multiplient des jets de filets d’eau sur de jeunes pousses. Un peu plus loin, à droite, s’ouvre un vaste espace en friche. Il s’agit de la ferme de Sangalkam, une survivance du projet Jeunesse en agriculture (Jea) initié par le Fonds national de promotion de la jeunesse (Fnpj), sous le régime du Président Abdoulaye Wade, en collaboration avec la coopération espagnole et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). On peut lire le slogan : «Le Fnpj accompagne les jeunes agriculteurs modernes». Mais un coup d’œil à l’intérieur permet de voir qu’il n’y a pas d’activités sur le site.

Sur la route latéritique qui mène à l’intérieur du domaine de l’Isra, un défilé de charrettes chargées de mangues et de fourrages illustre une activité économique autour des produits de l’horticulture et de l’arboriculture sur le site. Ici, malgré le retard des pluies, la végétation est encore verdoyante. La proximité de la nappe phréatique et la fertilité des sols ont joué dans le choix du site pour abriter le Dac.

Sur une parcelle d’essai au niveau du centre agricole, Abass Dramé s’active à attacher des tas d’herbes pour les charger sur une charrette tirée par un âne. Cet étudiant en Master en agronomie à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis y expérimente la production de certaines espèces comme le desmodium, une plante herbacée rampante de la famille des légumineuses ou la culture de fourrage.

Sur plus de trois kilomètres, une longue piste latéritique débouche sur le Domaine agricole. De part et d’autre du sentier, des citronniers et des eucalyptus derrière un mur de moins de deux mètres. Une serre sur une longueur de 40 mètres est dressée.

Sur le site, les engins en marche font le terrassement des futures serres qui sont séparées par des allées d’une dizaine de mètres de large. Les ingénieurs et conducteurs des travaux de la société israélienne Green 2000, chargée de la réalisation des Dac, l’œil sur le théodolite, veillent au nivellement et à l’alignement des sièges des poteaux qui doivent supporter les charpentes des serres.

De l’autre côté, des charpentes métalliques soutenues par des poteaux en «T» se dressent sur le site à côté de la base vie du chantier. Des ouvriers sont à l’œuvre, en train de poser les feuilles sur la toiture des installations qui vont abriter les deux unités de conditionnement et les services administratifs du projet. Selon l’ingénieur Assane Seck, qui supervise les travaux, «si tout se passe bien, le domaine sera prêt à la fin de l’année, au mois de décembre».

Rencontrée dans les locaux du programme, sis à Dakar, Mme Madeleine Pascale Domingo, coordonnatrice du projet du Dac de Sangalkam, rappelle le contexte du projet. «Le domaine agricole a été voulu et instruit par le Chef de l’État lors du Conseil des ministres décentralisé qui a eu lieu le 20 juillet 2016. C’est là que le Président de la République a eu cette idée de faire implanter un domaine agricole pour la région de Dakar. Il a demandé que le département de Rufisque puisse avoir ce domaine au niveau de Sangalkam».

Contraintes liées au foncier

L’implantation du projet dans le domaine de l’Isra tient à deux raisons majeures. La première relève du fait que cette zone a toujours été une zone de production horticole et fruitière. La deuxième, c’est qu’elle abrite les dernières grandes réserves foncières de la région de Dakar.

Le problème de disponibilité du foncier explique d’ailleurs le fait que le Dac de Sangalkam soit le plus petit comparé à ceux de Séfa dans la région de Sédhiou (3.000 à 4.000 hectares) ou de Keur Momar Sarr dans la région de Louga (2.000 à 3.000 hectares).

«C’est pourquoi le projet est installé sur trois sites : à Sangalkam (sur 476 ha), Déni Youssou à Bambilor (sur environ 300 ha) et Sébikhotane (sur à peu près 150 ha)», explique Madeleine Domingo, la coordonnatrice du projet.

Pour son démarrage le projet a été installé sur le site de l’Isra de Sangalkam avec un budget de 6,4 milliards FCfa débloqués pour l’aménagement. Actuellement, les travaux concernent uniquement 15 ha dont 12 ha de serre. C’est le seul Dac à abriter autant de serres au Sénégal. Celui de Séfa, qui est le plus vaste de tous, n’en a pas autant. Sur les 12 ha de serres, 10 sont prévus pour la production et 2 ha pour tout ce qui est pépinière. Les 3 ha restants sont réservés pour l’aménagement d’un centre de conditionnement, de bureaux et magasins de stockage.

Au niveau de ces serres, la production sera essentiellement végétale avec 2.000 emplois prévus. Il s’agit d’une forme d’agriculture intensive, sachant que la production sur un hectare de serre équivaut à celle de 10 hectares pour une production en plein air.

Selon la responsable du projet, pour le moment, les productions vont essentiellement porter sur le maraichage et l’horticulture qui sont les spécialités des cultures sous serre. L’ambition des promoteurs du projet est d’aller vers l’extension avec des cultures en plein champs qui vont porter sur l’arboriculture, une spécificité de la zone. Mais, explique Mme Madeleine Domingo, cette éventualité reste suspendue à la décision des autorités centrales.

Le projet suscite déjà l’intérêt des jeunes de la localité. Mais une discrimination positive sera faite pour les communes qui hébergent le projet et pour les femmes, précise Mme Domingo.

Bien que localisé dans le département de Rufisque, le projet a une dimension régionale. Il est ouvert à tous les jeunes porteurs de projet en agriculture de la région de Dakar. Le recrutement n’exige aucune qualification, mais privilégie les candidatures de groupe. «Les jeunes, même sans qualification, peuvent soumettre leurs demandes, mais il leur est conseillé de le faire en groupes, parce que ces domaines sont avant tout des incubateurs où sont formés des entrepreneurs agricoles», renseigne Mme Domingo.

Il s’agit, dit-elle, de recruter des ouvriers agricoles, mais plutôt d’accompagner de futurs entrepreneurs agricoles dans des domaines qu’ils ont choisis. Ainsi, ceux qui auront choisi la production végétale seront initiés et formés pendant une période d’incubation afin d’en faire des entrepreneurs autonomes qui, demain, pourront recruter d’autres jeunes.

Dans l’avenir, il est prévu l’élargissement du projet vers l’élevage intensif et la pisciculture. « Actuellement, il y a des partenaires qui sont très intéressés pour nous accompagner dans ce sens -certains ont même visité le site-. Les discussions sont en cours», dit-elle.

Les entrepreneurs agricoles qui seront choisis bénéficieront d’un encadrement technique en plus de la fourniture d’intrants. Le projet va les accompagner également dans la recherche de marchés pour l’écoulement de la production. Après écoulement, le revenu est donné aux groupements de producteurs, mais après déduction des intrants et des frais liés à l’alimentation en eau.
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