Longtemps considérés comme les moteurs économiques de l’Afrique de l’Ouest, le Sénégal et la Côte d’Ivoire suivaient jusqu’il y a peu un modèle de développement similaire. Mais en un peu plus d’une décennie, la dynamique a changé. Selon Jeune Afrique, la Côte d’Ivoire a pris une longueur d’avance significative, creusant l’écart en termes de création de richesse et de PIB par habitant.
En 2012, à l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, l’écart de PIB par habitant entre les deux pays était de 200 dollars seulement en faveur de la Côte d’Ivoire. En 2024, il dépasse désormais 800 dollars. Le pays d’Alassane Ouattara affiche un PIB de 78,88 milliards de dollars pour 31 millions d’habitants, contre 30,85 milliards pour 18 millions de Sénégalais.
Ce décollage ivoirien s’explique par une économie tournée vers la transformation, le dynamisme agricole (notamment le cacao) et l’exploitation minière. En comparaison, le Sénégal, malgré des ambitions fortes sous Macky Sall, est resté en retrait, avec une croissance annuelle moyenne inférieure à 5 %.
Autre facteur bloquant pour le Sénégal : le report de l’élection présidentielle de 2024, qui a provoqué une crise institutionnelle et freiné l’élan économique. Résultat : une croissance bien en deçà des prévisions, à peine au-dessus de 4 %, alors qu’elle devait doubler.
Le niveau d’endettement aggrave cette situation. Alors que la dette ivoirienne s’est stabilisée autour de 58 % du PIB, celle du Sénégal culmine à 105,7 %, et pourrait atteindre 114 % d’ici fin 2025, selon les projections, faisant du pays l’un des plus endettés d’Afrique.
Toutefois, un rebond n’est pas exclu. Grâce à l’exploitation imminente de ses gisements de pétrole et de gaz, le Sénégal pourrait enregistrer une croissance de 8,4 % en 2025, la plus forte du continent selon le FMI. Mais pour combler son retard, il devra maintenir ce rythme sur une décennie entière.




