Lomé, mai 2025 – Le Togo vient de vivre un tournant institutionnel majeur. En avril dernier, une réforme de la Constitution a transformé le régime présidentiel en régime parlementaire, redistribuant les cartes du pouvoir exécutif. Résultat : Faure Gnassingbé, président depuis 2005, devient président du Conseil des ministres, désormais le véritable chef de l’exécutif.
Cette manœuvre intervient alors que son dernier mandat présidentiel devait s’achever en 2025, en vertu de la réforme de 2015 qui lui avait déjà permis de « remettre les compteurs à zéro ». Plutôt que de quitter le pouvoir, Faure Gnassingbé a choisi de changer les règles du jeu, abandonnant l’élection présidentielle au suffrage universel direct.
Dans le nouveau système, le président de la République, élu par le Parlement, n’a qu’un rôle symbolique. Le véritable pouvoir appartient désormais au président du Conseil des ministres – poste auquel Faure a été désigné, sans passer par le vote populaire.
Un coup de maître politique, légal sur le plan institutionnel, mais qui soulève de vives inquiétudes sur la santé démocratique du pays. Beaucoup y voient une stratégie pour se maintenir indéfiniment au pouvoir, en privant les Togolais du droit de choisir leur dirigeant au suffrage direct.
Avec cette réforme, le clan Gnassingbé continue de régner sur le Togo depuis plus de 50 ans, entre pouvoir héréditaire et contournement juridique. Une situation qui interpelle la communauté internationale sur l’avenir de la démocratie togolaise.




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