Anciens dirigeants auditionnés, dettes effacées et hypothèques annulées : Le scandale financier qui secoue La Poste et ses partenaires.
Une affaire aux allures de thriller financier vient d’éclater au grand jour, impliquant d’anciens dirigeants de La Poste et de PosteFinances. Selon des informations exclusives de Libération, Mouhamadou Diaité (ex-DG de La Poste), Abdoul Aziz Diallo (ancien directeur de PosteFinances) et Amadou Diagne (PCA de Saar Vie) ont été discrètement entendus par la Division des investigations criminelles (Dic) dans le cadre d’une enquête du parquet financier. Au cœur du scandale : un protocole secret ayant effacé une dette de près de 1,4 milliard de FCFA au profit d’un règlement dérisoire de 450 millions.
Une condamnation devenue lettre morte
En mai 2021, après une décennie de bataille judiciaire, la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) avait condamné Sagef et Saar Vie Sa à verser 1.396.389.797 FCFA à PosteFinances pour manquement à des obligations financières. La Cour avait même autorisé PosteFinances à saisir 11 immeubles de Saar Vie en garantie.
Pourtant, alors que PosteFinances traversait une crise financière aiguë – au point de ne plus pouvoir payer ses salariés –, ses nouveaux dirigeants ont découvert avec stupeur qu’un protocole clandestin, signé par Diallo et Diagne sous instruction de Diaité, avait annulé cette victoire judiciaire.
Le protocole qui fait trembler
Sans l’aval du conseil d’administration, les anciens responsables ont accepté un accord scandaleux :
- PosteFinances renonce aux 1,4 milliard FCFA et à l’hypothèque sur les 11 immeubles.
- En échange, Saar Vie verse seulement 450 millions FCFA, soit moins du tiers de la somme due.
Une opération qualifiée de « détournement déguisé » par des sources proches du dossier, d’autant que PosteFinances, en pleine crise, avait cruellement besoin de ces fonds.
L’enquête en cours : Vers des poursuites ?
La Dic a bouclé ses investigations. Le parquet financier doit maintenant décider s’il y a lieu d’engager des poursuites pour abus de pouvoir, détournement ou complicité. Les nouveaux dirigeants de PosteFinances, à l’origine de la plainte, espèrent que justice sera rendue.
Interrogations majeures :
- Pourquoi un tel protocole a-t-il été signé en catimini ?
- Qui en sont les véritables bénéficiaires ?
- Les 450 millions ont-ils réellement été versés, et où sont-ils passés ?
Conclusion : Un test pour la justice financière
Cette affaire met en lumière les dérives opaques dans la gestion des entreprises publiques et leurs partenariats privés. Elle pose aussi une question cruciale : la justice osera-t-elle frapper fort contre des personnalités influentes ?
Affaire à suivre de près.
(Source : Libération, CMG)




