Libération des détenus : Dossiers cent suites

Khalifa Sall : «C’est un dialogue secret»

Khalifa Ababacar Sall, leader et candidat de la Coalition «Khalifa Président», soupçonne «un dialogue secret» derrière la récente vague de libérations de personnes considérées comme des détenus politiques par une partie de l’opposition. «Dans quel cadre, selon quelles conditions et modalités cette libération s’effectue-t-elle ? Quels sont les véritables enjeux et motivations cachés derrière cette affaire ?», questionne l’ancien maire de Dakar, lors d’une conférence de presse tenue hier. Ce, après avoir pris le soin de saluer la libération de ces prisonniers et rendu «hommage aux morts lors des manifestations».

«Cependant, je demande une chose : qu’on nous explique ce qui se cache réellement derrière les actes posés par le gouvernement. Y’a-t-il quelque chose en échange ? Le Peuple veut savoir. Au nom du Peuple, j’attends qu’on nous détaille ce qui se passe réellement», supplée-t-il. «Qu’on nous explique ce qui se cache derrière», insiste l’ancien maire.

Soupçonnant d’éventuelles négociations entre Ousmane Sonko et le pouvoir, ce dernier a consacré une grande partie de son discours à ce chapitre. «Je vous ai déjà dit précédemment qu’il est malheureusement préjudiciable d’avoir trop tôt raison dans ce pays. Qu’on nous le dise ou non, quelque chose se dissimule derrière l’action récente du Président. Qu’on le veuille ou non, un dialogue est en cours. C’est ça la vérité», a-t-il déclaré, en faisant un rapprochement entre un éventuel dialogue et la série de libérations des détenus qui s’effectue à une grande vitesse. Intervenant dans un climat tendu, précédé par l’arrestation de plusieurs individus pour des motifs divers tels que «troubles à l’ordre public, complot contre l’autorité de l’Etat ou appartenance à des groupes qualifiés de terroristes», ces libérations concernent des détenus qui soutenaient Ousmane Sonko.  Ce dernier, qui séjourne en prison, a vu son ex-parti, Pastef, être dissous par l’autorité, avant de voir sa candidature «invalidée» par le Conseil constitutionnel. Le chef de file de Taxawu Senegaal, Khalifa Sall, se réjouit de la décision du Conseil constitutionnel d’annuler le décret reportant l’élection présidentielle. Considérant cette décision comme salutaire en ce sens qu’elle «sauve l’honneur» du Sénégal, Khalifa Sall souligne que le Sénégal a été toujours cité comme un «modèle de démocratie en Afrique, malgré la volonté du Président Sall de nuire» à cette démocratie.  C’est ainsi qu’il appelle tous les acteurs politiques et les forces vives de la Nation au dialogue pour tenir l’élection présidentielle comme le recommande le Conseil constitutionnel.

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