Une nouvelle salve d’accusations secoue la scène politique sénégalaise. Alors que le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment évoqué l’existence d’un compte bancaire contenant près de 1000 milliards de francs CFA appartenant à l’État mais hors du circuit budgétaire officiel, Sanou Dione, ancien député des 10e et 14e législatures, vient enfoncer le clou avec des révélations plus explosives encore.
“Le compte est pour Macky”, affirme-t-il sans détour. Selon lui, ce compte aurait été créé par décret présidentiel sous l’autorité directe de Macky Sall. Sanou Dione va plus loin : il évoque un virement de plus de 600 milliards de francs CFA effectué à la veille de l’élection présidentielle de 2024, insinuant un usage électoraliste de fonds publics non budgétisés.
“Ils ont dépensé 650 milliards que l’Assemblée nationale n’arrive toujours pas à tracer”, déclare-t-il, dénonçant une opacité totale dans la gestion de ces montants colossaux. À ses yeux, l’ancien chef de l’État aurait mis en place un système bancaire parallèle, conçu pour concentrer le pouvoir financier entre ses mains, échappant ainsi aux mécanismes de contrôle institutionnels.
Sanou Dione n’hésite pas à qualifier les faits de “haute trahison”, une charge extrêmement lourde sur le plan politique et juridique. Il appelle à une enquête élargie, citant des noms comme Farba Ngom, Tahirou Sarr ou encore Amadou Sall, soupçonnés d’être liés à des circuits de financement ou d’enrichissement douteux.
“Il faut s’interroger sur les liens qui existent entre ces dossiers”, dit-il, suggérant l’existence d’un réseau d’influence organisé autour de l’ancien président, mêlant politique, finance et affairisme.
Ces accusations interviennent dans un contexte de rupture annoncée par les nouvelles autorités, qui ont promis la transparence, la justice et la reddition des comptes. Le régime de Bassirou Diomaye Faye semble déterminé à ouvrir les archives financières de l’ère Macky Sall, notamment en lançant des audits et en revisitant les grandes opérations financières passées.
Si la véracité des faits avancés par Sanou Dione reste à établir, ses déclarations viennent renforcer la pression populaire et politique sur les anciens dignitaires de l’État. L’affaire du “compte des 1000 milliards” pourrait bien devenir le catalyseur d’un vaste nettoyage institutionnel, avec des implications judiciaires majeures dans les mois à venir.




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