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À la Une: Moussa Dadis Camara envoyé en prison à la veille du procès du massacre du 28-Septembre

« Ainsi donc, s’exclame LedjelyConakry, le tant attendu procès sur les exactions commises dans l’enceinte du stade du 28-Septembre va pouvoir s’ouvrir ce mercredi. Échaudés par les nombreuses annonces demeurées sans suite du temps du président Alpha Condé, les Guinéens ont failli ne pas y croire cette fois encore. Mais là, le procès va bien s’ouvrir, insiste Ledjely. Un nouveau tribunal flambant neuf a été construit et meublé à cet effet. Et les prévenus, à commencer par le capitaine Moussa Dadis Camara, sont bel et bien là. D’ailleurs, l’ancien chef de la junte au moment des faits et cinq de ses coaccusés ont passé la nuit de ce mardi en prison. Incroyable, mais vrai ! »

Pour le site GuinéeNews, « la mise sous mandat de dépôt du capitaine Moussa Dadis Camara, mardi, peut être perçu comme le signe annonciateur d’un long chemin de croix pour cet ancien chef de l’État. Son règne fut marqué au fer rouge par la répression sanglante visant le rassemblement d’opposants au grand stade de Conakry en 2009. Moussa Dadis Camara, qui continue de clamer son innocence dans cette expédition punitive, venait à peine de rentrer au bercail, rappelle GuinéeNews, mettant ainsi un terme à un exil de plus d’une décennie à Ouagadougou au Burkina Faso. »

Quelle stratégie ?

Justement, la presse burkinabè s’intéresse de près à ce dossier. « Le colonel (Doumbouya, l’homme fort du pays) va-t-il sacrifier le capitaine ? », s’interroge Wakatsèra. « Alors que Dadis et cinq de ses coaccusés s’attendaient à comparaître libres, ils ont vite déchanté. » Et le site burkinabè de s’interroger : « Moussa Dadis Camara garde-t-il encore toute sa sérénité, lui qui était pourtant si sûr de son affaire et qui était même devenu un laudateur transi de l’actuel chef de la junte militaire qui l’avait fait revenir au bercail avec d’autres, comme le général Sékouba Konaté ? À moins que le capitaine ne soit réellement décidé à faire éclater la vérité, et toute la vérité pour soulager les victimes et parents des victimes du monstrueux drame du stade du 28-Septembre, quitte à passer par la case prison. Quelle sera la nouvelle stratégie de Dadis Camara ?, s’interroge encore WakatSéra, s’il se sent dans la peau du mouton de sacrifice de l’armée guinéenne, dont l’actuel chef de la junte était déjà l’un des patrons lors du massacre à ciel ouvert du 28 septembre 2009 ? »

Un procès aux relents très politiques

Le quotidien Aujourd’hui s’interroge également. « Quelle sera la crête de défense de Dadis ? Se défaussera-t-il sur Toumba ? Lèvera-t-il la suspicion selon laquelle il aurait conclu un deal avec ses frères d’armes au pouvoir afin de venir comparaître devant un simulacre de jugement ? Quelle sera la part de vérité du bouillant capitaine ? Car ce retour de Dadis pour être jugé est nimbé aussi de politique, pointeAujourd’hui : c’est un ex-chef d’État putschiste mais qui demeure relativement populaire dans l’armée et surtout dans cette luxuriante Guinée forestière, son fief. Et son jugement et le verdict qui lui sera imputé auront un impact sur le landerneau politique et la Grande muette. Procès-vérité, procès-sensible, procès-catharsis, mais procès aux relents politiques. »

« Je dirai ma part de vérité »

« Quelques jours avant son retour en Guinée,relève Lemonde Afrique , Moussa Dadis Camara, avait assuré, de son exil au Burkina Faso, que sa présence à ce procès était « une obligation morale. Il est nécessaire, poursuivait-il, pour que la lumière soit faite et que chacun sache qui a fait quoi. Je dirai ma part de vérité« . La défense des accusés ne devrait cependant pas manquer de soulever des vices de procédure, pointe encore Le Monde Afrique. Certains inculpés sont en détention provisoire à la prison centrale de Conakry depuis plus de dix ans, bien au-delà de la limite légale. Les principaux dirigeants de l’opposition ne devraient, en revanche, pas venir témoigner. Exilés après avoir été expulsés de leur domicile par les nouveaux maîtres en treillis du pays, MM. Touré et Dalein Diallo craignent que le procès se résume à « une ouverture spectaculaire pour donner des gages à la communauté internationale« . La Guinée s’est, en effet, toujours prévalue de sa propre compétence pour éviter que le dossier lui échappe et soit repris par la Cour pénale internationale. »

Treize ans après le massacre du 28-Septembre en Guinée, le procès s’ouvre enfin

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