ME AISSATA TALL SALL, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DES SENEGALAIS DE L’EXTERIEUR «Il y a quelque chose qui n’est pas vrai et que je voudrais que vous m’aidiez à démentir»

Le ministre des Affaires étran- gères et des Sénégalais de l’ex- térieur, Me Aïssata Tall Sall a été devant les députés ce mer- credi pour défendre le projet de budget 2023 de son dépar- tement. Celui-ci, à l’issue des plénières, a été arrêté à la somme 72 milliards 356 mil- lions F Cfa, en autorisations d’engagement (AE), et en cré- dits de paiement (CP).

Mais, le vote a été précédé d’une série de réponses de Mme le ministre qui a été in- terpellée, tour à tour, par les parlementaires sur plusieurs questions. Une occasion que Me Aïssata Tall Sall a mis à profit pour revenir largement sur les grands chantiers ini- tiés en faveur de son dépar- tement. «Vous avez soulevé des questions extrêmement importantes. Je l’avais dit en commission et excusez-moi d’en parler encore. Je suis avocate. Ceux qui m’appré- cient, m’apportent quelque chose et ceux qui me criti- quent m’apportent aussi quelque chose dans le sens de l’amélioration. Merci à ceux qui ont appuyé. Merci à ceux qui ont apprécié. J’ai fait un document qui vous sera distribué pour que chacun d’entre vous voit et com- prenne que la préoccupation qui a été posée, a été prise en compte et sera prise en charge par le ministère», a-t- elle annoncé.
Cheffe de la diplomatie séné- galaise, elle a dispensé un cours magistral en diploma- tie à l’honorable député Guy Marius Sagna. Lequel l’a in-
terpellé sur les positions «mal- adroites» de notre pays sur plusieurs questions. «Je vous remercie de l’intérêt que vous avez manifesté pour la diplomatie. Le premier minis- tre des Affaires étrangères du Sénégal, quand nous sommes devenus un pays in- dépendant, c’était un avocat. Il s’appelait Doudou Thiam. Et en 1965, il a fait une inter- vention mémorable, pour dire c’est quoi la diplomatie du Sé- négal. C’est une diplomatie de souveraineté. Une diplomatie d’identité de Sénégalais et d’Africains. Et nous continuons toujours et cette diplomatie est saluée et acceptée par tous», a- t-elle martelé, sous les applau- dissements des députés de la majorité.
A l’en croire, le Sénégal n’agit sous la dictée de personne. «Si nous prenons des déci- sions qui ne plaisent pas à nos partenaires, nous l’assu- mons. Et, aujourd’hui, dans le concert des nations, il n’y a plus aucun pays qui ne vienne dire au Sénégal : ‘Est- ce que vous pouvez venir voter avec moi ?’. Car, quand le Sénégal décide de voter, c’est lui-même qui a décidé de voter et non pour faire plaisir à l’un ou à l’autre. Il ne vote que parce que c’est sa ligne diplomatique et ce sont ses intérêts. Le président Macky Sall dit toujours à la tri- bune des sommets Unions Africaine et Européenne : ‘Le Sénégal veut des partenaires. Mais des partenaires respec- tueux de sa souveraineté, res- pectueux de son indépendance, dans une égalité assumée’. Et cela sans exclusion de qui que ce soit, sans exclusivité, en faveur de qui que ce soit. Voilà ce que le président de la République a défini. Et nous sommes dans cette ligne», a-t-elle dit devant les parlementaires.
«Pour le Mali, le Sénégal n’a jamais fait d’embargo sur leur pays»

A propos de la crise diploma- tique qui existe entre le Mali et la France, concernant la- quelle, d’après certaines in- formations, le chef de l’Etat serait en train de jouer les bons offices, Me Tall s’est ex- pliquée. «Il y a quelque chose qui n’est pas vrai et que je voudrais que vous m’aidiez à démentir. Tout le monde a dit ici que Macky Sall voulait être médiateur entre la France et le Mali. Ce n’est pas
vrai. Le Président Macky Sall n’a jamais dit qu’il est un mé- diateur entre la France et le Mali. Ça n’a jamais existé», a signalé avec insistance Me Aïssata Tall Sall.
Pour ce qui est de la CE- DEAO qui a pris des sanc- tions contre la junte, à l’annonce du renversement de pouvoir au Mali, le chef de la diplomatie sénégalaise, Me Aissata Tall Sall a apporté des éclaircissements. «Pour le Mali, le Sénégal n’a jamais fait d’embargo sur leur pays. Mais, au contraire, c’est la CE- DEAO qui a pris ces mesures- là. Parce que nous sommes membres de la CEDEAO et nous devons accepter, même si nous faisons partie des pre- mières victimes de cet em- bargo. Le Sénégal et le Mali n’ont jamais eu de relations conflictuelles. La preuve, vous avez vu le Président Macky Sall partir au Mali. Et j’étais dans sa délégation. Il a parlé avec le Colonel Goïta et il a rappelé les conseils qu’il pouvait lui donner. Et Goïta a accepté, en tant que jeune frère, ses conseils», a relevé la ministre des Affaires étran- gères et des Sénégalais de l’Extérieur.
Antacheikhou KONE

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