Avant de quitter le Sénégal pour une mission en Inde, le député et militant panafricaniste Guy Marius Sagna a publié sur sa page Facebook une série de huit questions écrites adressées au gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko. Fidèle à son style direct et engagé, il met en lumière plusieurs zones d’ombre dans la gestion publique, soulevant des interrogations allant du gaspillage de fonds publics à des atteintes présumées à la souveraineté alimentaire, en passant par des irrégularités dans les recrutements universitaires.
1. Gestion douteuse au ministère de l’Éducation nationale
Guy Marius Sagna accuse le ministère de l’Éducation nationale de dépenses abusives : un tapis iranien à un million de FCFA, un bureau à deux millions alors que l’ancien était encore fonctionnel, et du matériel de petit déjeuner à 650.000 FCFA. Il questionne aussi la pratique de “régularisation” dans l’attribution des marchés publics, une méthode qui contournerait les règles de concurrence en invoquant des situations d’urgence.
2. Prosélytisme LGBT et diplomatie canadienne
Le député affirme avoir remis au ministre de l’Intégration africaine des preuves supposées de prosélytisme LGBT par l’ambassade du Canada au Sénégal. Cette allégation, bien que sensible, s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes autour des valeurs sociétales et culturelles au Sénégal.
3. Dysfonctionnements graves à l’hôpital régional de Ziguinchor
L’état critique du laboratoire de l’hôpital régional est dénoncé : équipements en panne, manque de réactifs, absence de test NFS. Il fustige également la fourniture de kits césarienne incomplets, créant une double perte pour l’État : d’une part, les patients doivent acheter les éléments manquants ; d’autre part, l’État rembourse l’hôpital pour un kit complet non livré.
4. Spoliation foncière des maraîchers de Malika
Sagna met en garde contre l’accaparement foncier à Woruway (Malika), où des maraîchers reçoivent des offres dérisoires pour céder leurs terres, alors que la valeur réelle est bien supérieure. Il interpelle le gouvernement sur la contradiction entre la volonté affichée d’atteindre la souveraineté alimentaire et les politiques qui chassent les producteurs maraîchers des zones agricoles urbaines.
5. La Caisse de sécurité sociale sans direction depuis 2022
Il alerte sur le vide managérial persistant à la tête de la Caisse de sécurité sociale, malgré la sélection d’un directeur général. Il accuse une stratégie de blocage permettant la vente “au rabais” du patrimoine de l’institution.
6. Prêts DMC : une arnaque silencieuse ?
Des enseignants et citoyens se plaignent de prélèvements sur salaire liés aux prêts DMC, qu’ils n’ont jamais reçus. Sagna demande des comptes au ministre des Finances sur ce qu’il considère comme une fraude financière potentiellement systémique, avec la banque CBAO au cœur des soupçons.
7. Recrutement illégal à l’UCAD ?
Enfin, il évoque des pratiques illégales de recrutement de personnel d’enseignement à l’Université Cheikh Anta Diop, en contradiction avec une circulaire ministérielle et les lois encadrant les personnels d’université.
Un signal fort à la nouvelle gouvernance
Ce long message adressé à plusieurs ministres, sans détour ni précaution de langage, met en lumière les attentes fortes d’une gouvernance de rupture, promise par Ousmane Sonko. Guy Marius Sagna, dans la tradition de son engagement de terrain, entend jouer son rôle de député de manière incisive et vigilante.
La balle est désormais dans le camp du gouvernement : répondra-t-il à ces questions ? Rectifiera-t-il les dérives dénoncées ? Ce type d’interpellation publique préfigure d’un rapport de force démocratique musclé entre les institutions et les citoyens.




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