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Nouveau gouvernement en Haïti: «La société civile a été prise de vitesse»

Ce mardi 20 juillet, un nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Ariel Henry va prendre les rênes du pays. L’impasse politique dans laquelle se trouvait Haïti depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse est en passe d’être surmontée. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut s’attendre à un grand changement dans un pays en proie à de nombreuses crises. Entretien avec Gotson Pierre, de l’agence haïtienne en ligne AlterPresse.

RFI : La composition du nouveau gouvernement d’Ariel Henry est désormais connue. Est-ce qu’il y a des surprises dans cette nouvelle équipe ?

Gotson Pierre : Pas vraiment. Le cabinet est connu depuis ce lundi soir. Il est composé de dix-huit ministres dont la liste a été publiée au Journal officielLe Premier ministre Ariel Henry conserve le portefeuille des Affaires sociales, tandis que l’ancien Premier ministre Claude Joseph retrouve son précédent poste aux Affaires étrangères. Trois autres anciens ministres demeurent à leur poste et l’ancien président du Sénat, Simon Dieuseul Desras, fait son entrée au gouvernement qui a été formé seulement douze jours après l’assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021.

La société civile souhaitait également travailler à la mise en place d’un gouvernement de transition. Comment réagit-elle à l’annonce de ce nouveau gouvernement ?

Elle souhaitait surtout une solution haïtienne à la crise suite à un dialogue inter-haïtien. Une commission de la société civile a dans ce sens initié une conférence politique le week-end dernier. Elle a donc été prise de vitesse et aujourd’hui l’économiste Emmanuela Douyon du collectif « Nou Pap Domi », partie prenante de ce processus, considère la mise en place de la nouvelle équipe gouvernementale comme une mauvaise blague. « Les fossoyeurs de la République sont déjà prêts à poursuivre leur œuvre. Il faut vraiment haïr Haïti pour appuyer cette démarche immonde. Malheur à celui par qui le scandale arrive. » C’est ce qu’elle écrit sur son compte Twitter, soulignant « qu’Haïti est une terre glissée, accrochez-vous ! » met-elle en garde. Dans leur première réaction, plusieurs responsables politiques ne cachent pas leur déception.

Quelles sont les priorités pour cette nouvelle équipe sachant que la crise politique, sécuritaire, alimentaire et sanitaire reste d’actualité ? Peut-on s’attendre à la convocation d’élections ?

Pour ce qui est des priorités, on attendra l’installation de cette nouvelle équipe pour les connaître. Mais le CORE Group, composé par la plupart des membres du corps diplomatique en Haïti pousse en faveur de l’organisation d’élections, dans les plus brefs délais. Actuellement, la date retenue est le 26 septembre, ce qui est, étant donné les conditions générales et techniques actuelles, avec un Conseil électoral décrié, la moitié des électeurs non enregistrés, une violence très présente et en l’absence d’accord politique, une véritable gageure.

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