Dans une réaction à la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, l’ancien député Babacar Gaye reconnaît au chef du gouvernement une prestation réussie sur la forme, mais reste beaucoup plus réservé sur le fond. Pour l’ancien président de groupe parlementaire, les véritables défis commencent maintenant : financement des réformes, dette, pouvoir d’achat, emploi et surtout répartition équitable des sacrifices.
« Un ton conciliant ne suffit pas à changer le réel ». C’est par cette formule que Babacar Gaye résume sa lecture de la DPG du Premier ministre.
L’ancien parlementaire estime qu’Al Aminou Lô a « plutôt bien réussi son coup » sur la forme, grâce à un ton posé, de la pédagogie et de l’humour. Il relève toutefois que le message politique reste celui de la continuité de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, plutôt que d’une rupture avec les orientations déjà définies.
Sur le plan économique, Babacar Gaye retient plusieurs priorités : reprofilage de la dette extérieure, apurement de la dette intérieure pour soulager les entreprises, maîtrise des dépenses publiques, rationalisation du secteur parapublic, meilleur ciblage des subventions et mobilisation accrue des recettes fiscales.
Mais pour lui, l’essentiel reste encore à déterminer : « la question de leur financement, du calendrier, du dosage et, surtout, du coût social ». Il considère que les prochains débats budgétaires permettront de mesurer concrètement l’effort qui sera demandé aux Sénégalais.
L’ancien député insiste particulièrement sur le pouvoir d’achat. Derrière les indicateurs macroéconomiques, rappelle-t-il, les ménages font face aux dépenses quotidiennes liées à l’alimentation, au logement, au transport ou encore à l’électricité.
Babacar Gaye avertit surtout contre une austérité supportée uniquement par les populations. « Lorsqu’il est demandé au peuple de se serrer la ceinture, l’État doit commencer par donner le bon exemple en serrant les dents », écrit-il, appelant les gouvernants à réduire également leur train de vie.
S’il estime qu’Al Aminou Lô a réussi l’exercice parlementaire, Babacar Gaye considère que le véritable test commence désormais sur le terrain. « Une DPG commence vraiment le lendemain », souligne-t-il.
Face aux difficultés économiques, financières et sociales, l’ancien parlementaire appelle enfin le président de la République à privilégier le dialogue et le compromis, afin de construire un consensus autour des réformes difficiles à venir. Pour Babacar Gaye, la réussite du gouvernement sera finalement jugée moins sur les discours que sur sa capacité à améliorer concrètement les conditions de vie des Sénégalais.




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