Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République du Sénégal
Le Rubicon est franchi, préservons la paix !
Monsieur le Président de la République,
Je sais que vous le savez. La tension politique monte et ne faiblit pas. La tension sociale n’est pas en reste. Le sentiment d’injustice et les frustrations gagnent du terrain avant même le verdict des urnes.
Malgré les efforts combinés, pendant plusieurs décennies, de la classe politique, de la société civile et des partenaires au développement, le système électoral sénégalais a révélé son point faible : la gestion de la participation aux élections.
Monsieur le Président de la République,
La situation inédite actuelle comporte de graves conséquences juridiques et politiques. Les incertitudes sont largement justifiées :
Monsieur le Président de la République,
Au-delà de ces interrogations, d’autres préoccupations méritent d’être soulevées nonobstant l’encadrement juridique en vigueur :
Monsieur le Président de la République,
En plus de tout cela, il est aisé de constater qu’aucunepoursuite judiciaire n’est engagée contre les auteurs de parrainages multiples malgré la sanction pénale prévue.
Il est également évident que le contrôle du parrainage se faitavec un système conçu et mis en œuvre sans consensus ni droit de regard de tous les acteurs.
Monsieur le Président de la République,
Dans ces conditions où trop de faits dérangent, vous comprenez aisément l’incompréhension et les frustrations des acteurs politiques victimes de ces dysfonctionnements ouincohérences, quel que soit leur niveau de responsabilité dans la survenance du dommage.
Aujourd’hui, le piège s’est refermé sur tous les acteurs, le Rubicon est franchi. « Li doon raam bët na ñak bi ».
Pour sortir de cette spirale, l’heure est donc venue d’examiner urgemment ces entorses au principe démocratique de la libre participation à la compétition pour l’expression du suffrage du corps électoral.
Monsieur le Président de la République,
C’est à votre sens de responsabilité que je me permets de faireappel. Il vous revient de préserver la paix et la stabilité avant d’être dans l’obligation de tenter de les rétablir.
Aujourd’hui, les germes pouvant faire craindre une menace sérieuse sur la stabilité politique et sociale de notre pays sont perceptibles. En effet, le contexte est marqué par une violence verbale inouïe, venant de tous les bords et dont le traitement différencié est étonnant, un pouvoir d’achat érodé par plusieurs facteurs internes et externes, une insécurité galopante, un environnement international instable notamment dans la sous-région, une étincelle suffit pour que le piresurvienne. Que Dieu nous en préserve !
De surcroît, on s’achemine vers des élections législatives dont les enjeux n’échappent à personne.
Monsieur le Président de la République, agissez pour le mieux, pour le bien de notre pays commun que nous vous avons confié, en faisant preuve de dépassement. Vous connaissez parfaitement votre devoir.
Boubacar CAMARA Kamâh
14 juin 2022




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