- Professeur Modou Aïssa S
Il n’y aurait rien de plus fantastique et de plus merveilleux que de s’offrir le luxe
de communiquer avec des êtres qui nous sont chers et qui se trouvent être à des
horizons lointaines des nôtres, de s’informer à la seconde partout où l’on se
trouve ou encore de se payer les meilleures articles de son choix tout en restant
au lit.C’est ce luxe extraordinaire que nous offre la magie des réseaux sociaux
au sens essentiel du terme. A vrai dire, ils nous ont facilité la vie et nous
enferment dans un monde sans frontières où les différences entre peuples se
rétrécissent au profit d’une homogénéité sans commune mesure. Par contre, ceci
n’est que la jolie face de l’iceberg qui expose cette magie à pouvoir gommer les
frontières pour une vie d’avec plus de possibilités positives. Derrière cette belle
façade, se niche la face hideuse d’un monstre qui détruit tout à son passage. En
effet, les réseaux sociaux nous installent dans une vie d’illusion et de mensonge.
C’est à travers ces monstrueuses plateformes qu’une personne se couche à
Dakar et se réveille à New York, qu’elle s’habille et mange comme un roi ou
une grande star, qu’elle se donne un environnement et la vie de son rêve dans un
monde qui n’existe que dans son Smartphone. C’est à travers ce monde virtuel
que l’on se donne le courage qu’on aurait jamais eu dans la vraie vie, à dire ce
qu’on aurait jamais eu l’audace de dire, de faire ce qu’on aurait jamais eu le
courage de faire en chair et en os. Les réseaux sociaux ont offert aux peuples ce
que la presse classique n’a pas pu: la liberté d’expression sans borne, le droit à
l’information, qui se trouve être menacé par des positions politiques qui
transforment les journalistes en mercenaires au service d’un seul homme. Là où
la presse classique refuse de pointer, les réseaux sociaux y touchent. Ils éveillent
les masses, construisent et déconstruisent des contre-vérités, suffisant pour
qu’ils soient des monstres qui font peur aux politiques, dont l’image et la
recherche ou le maintien au pouvoir pourraient être fatalement affectés par les
agissements de cette masse virtuelle. Conscient que ces réseaux sociaux sont des
lumières qui illuminent l’esprit des sénégalais, même les moins instruits,
conscient des dégâts moraux qu’ils font dans la société, et de l’impact négatif
qu’ils ont sur sa politique et son pouvoir, le Président Sall dans la peau d’un
pasteur appelle impuissamment les parents à veiller à la bonne éducation de leur
enfants tout en prônant l’idée fantaisiste d’une régularisation. En effet, les
réseaux sociaux sont comme les remous de la mer, aucune main ne peut les
arrêter. J’en serai plus convaincu, comme beaucoup d’ailleurs, si le Président
procédait par la pédagogie de l’exemple dans son cours magistral sur les valeurs
morales. Qui ne se rappelle pas de Souleymane Jule Diop, réputé pour ses
diatribes et invectives sur d’honnêtes citoyens sous l’ère Wade? Il a été
récompensé par le pasteur par un poste ministériel dés son accession au pouvoir.
Et que dire de Aliou Dembirou Sow,qui menaçait de décapiter toute personne
qui s’opposerait à un troisième mandat de Macky Sall, et celle qui avait insulté
toute l’ethnie Wolof, sans oublier la pluie d’audios d’insultes que se passaient
Yakham Mbaye et Moustapha Cissé Lo ou même de cet homme qui se fait
appelé snapeur du Président et dont le seul mérite a été de filmer son kiki, aucun
de ces anti-modèles, dépositaires des contre-valeurs n’a été sanctionné par le
policier des valeurs morales. En outre, ceux qui détournent des deniers publics
sans jamais être punis sont –ils des exemples de bonnes valeurs? Mettre le
coude sur les dossiers d’un voleur de la république, accueillir et promouvoir des
traîtres sont aussi des contre-valeurs à combattre Monsieur le Président. Si vous
voulez que le peuple suit votre leçon sur les valeurs morales, assurez-vous à être
le premier à les promouvoir et à combattre toute forme d’antivaleur. Être la
police des mœurs uniquement pour ceux qui ne partagent pas votre vision
reviendrait à donner raison à Denis Diderot ‘‘ on avale en pleine gorgée le
mensonge qui nous flatte et l’on boit goute à goute une vérité qui nous est amère “




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