Proche-Orient: face à l’escalade de la violence, la communauté internationale appelle au calme

Les réactions internationales se multiplient face à l’affrontement armé toujours plus meurtrier entre le Hamas et Israël. L’Organisation des Nations unies, craignant que le conflit ne dégénère en guerre totale, réunit son Conseil de sécurité cet après-midi. Mais il semble difficile d’imaginer un consensus sur la question.

Le président du Conseil européen Charles Michel s’est dit « très inquiet par la montée récente de la violence et des attaques sans discrimination ».

Mais au sein même de l’Union européenne, les positions diffèrent : l’Allemagne a affirmé le « droit » d’Israël « à se défendre face aux attaques » du Hamas « dans le cadre de la légitime défense », alors que la France a appelé les États-Unis à s’impliquer. Pour Paris, il est clair que Washington possède « les principaux leviers diplomatiques ».

Les États-Unis, eux, ne cachent pas avoir eu des échanges avec les autorités israéliennes, mais ils sont pour l’instant restés en retrait. Mercredi 12 mai, le Secrétaire d’État américain Anthony Blinken a toutefois annoncé l’envoi d’un émissaire, Hady Amr, pour exhorter Israéliens et Palestiniens à la « désescalade de la violence ».

Londres a fait également preuve de retrait, en appelant les deux côtés à la « retenue ». « J’exhorte Israël et les Palestiniens à reculer du bord du gouffre et les deux parties à faire preuve de retenue », a lancé le Premier ministre britannique Boris Johnson, qui réclame une « désescalade urgente ».

Le président russe Vladimir Poutine a appelé mercredi 12 mai à la « désescalade », lors d’une conversation avec son homologue turc. Selon le Kremlin, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan « ont exprimé leur profonde préoccupation face aux combats qui se poursuivent, à l’augmentation du nombre des morts et des blessés ».

Mais la Turquie a, en revanche, clairement pris une position plus offensive de son côté, en demandant à « la communauté internationale » de donner« une leçon ferme et dissuasive à Israël ».

Le chef de la ligue arabe a lui aussi dénoncé des frappes israéliennes sans discrimination et irresponsables, tenant Israël pour responsable de la « dangereuse escalade » du conflit.

De son côté, la procureure générale de la Cour pénale internationale craint « la possible commission de crimes dans le cadre du Statut de Rome », soit le texte fondateur de la juridiction stipulant ce qui pourrait constituer des crimes de guerre.

La CPI a déjà ouvert une enquête en mars dernier sur des crimes de guerre commis durant la guerre de Gaza de 2014 par des membres des forces israéliennes, des autorités israéliennes, du Hamas et d’autres groupes armés palestiniens.

L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a elle condamné mardi 11 mai « dans les termes les plus forts les attaques répétées des autorités d’occupation israéliennes contre le peuple palestinien », a déclaré l’organe panislamique basé dans la ville saoudienne de Djeddah.