Jérusalem: les heurts se poursuivent sur l’esplanade des Mosquées

À Jérusalem, après un weekend de violences où l’on a dénombré près de 300 blessés palestiniens, le calme n’est qu’une apparence. Encore dimanche soir, l’armée et la police israélienne ont violemment réprimé et arrêté des militants du quartier de Sheikh Jarrah, et arrêté une vingtaine de personnes à Jérusalem même. Aujourd’hui, on craint une nouvelle escalade car des milliers de suprémacistes juifs célèbrent la « Journée de Jérusalem », leur marche annuelle pour célébrer l’annexion de la ville sainte par Israël.

Ce lundi 10 mai au matin, sur l’esplanade des Mosquées, on a constaté des tirs, des dizaines et des dizaines de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogènes, lancées par la police et l’armée israélienne sur les fidèles palestiniens. Il y a des tirs, même à l’intérieur de la mosquée Al Aqsa. Un Palestinien est mort ce lundi matin, des dizaines d’autres sont blessés, alors que les équipes médicales du Croissant-Rouge palestinien se font refuser l’accès immédiat à l’esplanade par Israël.

Face à cette escalade, une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU est prévue plus tard dans la journée sur la situation à Jérusalem, à la demande de la Tunisie.

Calme illusoire

En fait, à Jérusalem, le calme – revenu seulement en journée ce week-end – n’est qu’une illusion. Tous les soirs, à Sheikh Jarrah, quartier à majorité palestinienne de Jérusalem-Est, situé à deux kilomètres au nord de la vieille ville, l’armée et la police israélienne répriment et arrêtent des militants venus y soutenir les habitants.

Bataille judiciaire

À l’origine de la colère à Jérusalem, quatre familles palestiniennes menacées de déplacement forcé de leurs propres maisons au profit de colons israéliens, une bataille judiciaire qui dure depuis cinquante ans. Et le report du verdict de la Cour suprême est loin d’être une victoire pour ces Palestiniens. Dimanche, des manifestations ont eu lieu un peu partout dans la soirée à Haïfa, Nazareth, ou encore Ramallah.

RFI